Potosi et le Cerro Rico

De Uyuni, nous prenons un bus vers Potosi, cité minière située à trois heures de route depuis qu’une route asphaltée toute neuve existe. Située à 4090m, c’est la ville de plus de 100 000 habitants la plus haute du monde. Mais c’est surtout la seule ville impériale d’Amérique du Sud, élevée à ce statut au temps de Charles Quint : en effet, c’est de Potosi et du Cerro Rico (la montagne qui surplombe la ville) que les espagnols ont extrait l’argent qui à fait leur richesse pendant plus de 300 ans. C’est aussi là que plus de 8 millions d’indiens et d’africains ont péris dans les mines…

Pour la première journée, nous flânons dans les rues, en essayant d’éviter les tirs de pistolets à eau et attaques de mousse, mais surtout les seaux d’eau en provenance des pick-up qui tournent dans la ville à la recherche de proies faciles et sans défense. C’est mardi gras, donc tout est fermé dans la ville, musée, églises, restaurants, et on galère un peu à trouver quelque chose à manger. Tous les bâtiments sont décorés avec des fleurs et des cotillons et même les voitures ont leur parure de carnaval.

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La ville qui était autrefois la plus riche du monde a perdu de sa splendeur passée, mais quelques bâtiments sont toutefois bien restaurés.

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Le lendemain, nous visitons la Casa de la Moneda : C’est là que la monnaie espagnole puis bolivienne sera frappée jusqu’à la fin du XIXème siècle, d’abord à la main par les esclaves, puis par des machines impressionnantes en bois actionnées par des mules (qui n’y survivaient pas plus de trois mois), remplacées ensuite par la vapeur et enfin par l’électricité. Le musée est vraiment intéressant : du fait du climat et de l’altitude, les machines sont dans un état de conservation impeccable et prêtes à resservir. On note qu’aujourd’hui les billets boliviens sont imprimés en France et les pièces au Mexique et Chili.

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L’après midi, nous partons à la découverte des mines avec une coopérative d’anciens mineurs. Une fois bien protégés dans des combinaisons très seyantes, nous nous dirigeons vers les points d’entrées dans les mines, gérées par des coopératives pour la plupart. Les entrées sont gardées par les veuves de mineurs et on y trouve des petites cabanes individuelles qui permettent aux mineurs de laisser leur matériel.

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Les mineurs vivent tous en ville un peu plus bas et dans des maisons plus ou moins confortable selon la chance qu’ils ont lors de l’attribution de leur filon. Il y a donc des mineurs très riches qui peuvent employer d’autres mineurs, utiliser des marteaux piqueurs et acheter des wagons et des énormes pickups, et des mineurs plus pauvres qui transportent le minerai sur leur dos. Globalement le salaire des mineurs est plus élevé que le salaire moyen bolivien mais leur espérance de vie ne dépasse pas 45 ans. En effet dans les mines, il y a à la fois des minerais de type argent ou étain mais aussi de l’arsenic et d’autres produits toxiques. On meurt encore dans les mines et des enfants y travaillent toujours.

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Dans la mine, les galeries sont basses, inondées, il peut y faire très chaud ou très froid et les tunnels ne sont plus consolidées en pierre comme au temps des colonies. Des Lamas sont sacrifiés et le sang offert à la Patchamama (la déesse de la terre) pour protéger les mineurs.

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Au fond de la mine, et à plusieurs endroits, on rencontre des statues de terre à l’effigie de El Tio, le dieu des mineurs. Des offrandes lui sont faites régulièrement à base de feuilles de coca et on se saoule devant lui avec de l’alcool à 96° pour lui demander un meilleur filon (plus l’alcool est pur, plus pur sera le filon) ainsi que sa protection.

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C’est encore le carnaval et nous ne rencontrerons personne dans la mine à part un mineur qui déposait ses sacs dans sa cabane et arrêtait sa journée. Cependant, cette visite nous aura montré combien les conditions de ces travailleurs sont précaires même s’ils travaillent à leur propre compte. Malgré tout, Wilson, notre guide, et ancien mineur (20 ans dans la mine, à partir de 8 ans), nous fera bien rire tout au long de la visite avec son humour à toute épreuve !

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Une fois rentrés à l’auberge, nous faisons une soirée crêpés avec deux français forts sympathiques, Nico et Béné, et on passe une excellente soirée !

Le lendemain, nous visitons le couvent San Francisco, qui accueillit entre 1692 et 1972 une vingtaine de jeunes filles de bonne famille qui y entraient à l’age de 15 ans, avec une dot extrêmement élevée,  pour vivre recluses dans une extrême simplicité, jusqu’à leur mort, sans contact physique avec l’extérieur, ni même voir leur famille, qu’elles pouvaient seulement entendre au parloir.

La visite était très intéressante, et on se projette complètement il y a 3 siècles ! Les choses ont changé, les sœurs qui habitent dans le bâtiment voisin sortent et sont en contact régulier avec l’extérieur maintenant !

L’après midi, on attrape un bus pour Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie. Mais on vous racontera cela dans un prochain article !

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2 réponses

  1. Colette dit :

    Héhé …. depuis si longtemps, que je vous lis, sans avoir le temps de vous envoyer un clin d’oeil.

    Bon, first question:
    Aviez-vous une assurance spé pour aller dans le trou peu protégé ?
    Hum…. Gaffe quand même, car si nous devons venir creuser pour vous récup, va en falloir des pelles …
    et en ce moment, les pelles servent à la neige ! qui tombe et retombe.
    (Tant mieux, car nous avons vendu de la neige en Mars!:-)

    Et puis, j’adore les clichés colorés …ceux du désert de sel aussi;…

    Enfin, gaffe aux crêpes de là-bas, …. sans feuille de coca j’espère ! 🙂

    Et pour finir, le contact avec New Zeland , Cops Saparelli , pris ? Ont-ils répondu ?
    Sinon, je pense , que sauf absences , ils sauront vous accueillir . 🙂

    Des bises du Grand Nord, Cf Allez sur le site PTVl, pour vous rappeler l’ambiance ;
    Samedi Napoléon vient à Laffrey >>> Aubaine pour le petit hôtel et les 708 repas que nous allons servir ! hélé , Tourisme , quand tu nous tient …. 🙂

  1. 21 mars 2015

    […] Le carnaval qui n’en finit pas […]

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