Escapade en île de Pâques

Après une courte escale à Santiago, nous débarquons sur Rapa Nui (l’île de Pâques) et sommes accueillis par la gérante de notre camping avec un joli collier de fleurs. Après avoir récupéré nos sacs, sortis en dernier de l’avion, nous partons vers le camping où nous allons passer les 5 prochains jours, dans une petite chambre double.

Il fait chaud en arrivant, on se sent vraiment en Polynésie ! Peu de trafic sur les routes, les maisons basses sont entourées d’arbres et de fleurs en tous genres.

Nous apprenons en arrivant que les locaux ont mis en place des barrages vers les sites archéologiques, pour faire pression sur le gouvernement chilien. Il n’est donc pas garanti que nous puissions tout visiter, mais le lendemain devrait avoir lieu une réunion entre les différents camps pour statuer sur la fin des blocages. Après avoir discuté à posteriori avec deux Rapa Nui sur les sites en question, nous en sauront plus sur leurs revendications : la première étant de reprendre le contrôle du parc national, et de se débarrasser de la Conaf (l’équivalent chilien de notre ONF) qui gère actuellement les lieux. Le désaccord porte sur la façon de gérer les ressources financières et sur la planification des actions. La deuxième revendication est de reprendre le contrôle des flux migratoires sur l’île. Pour certains Rapa Nui, il y a trop d’immigration de personnes alléchées par la manne financière du tourisme et cela nuirait à la fois à l’accueil, ainsi qu’à la gestion des infrastructures, qui ne peuvent pas grandir assez vite (écoles, gestion des déchets…).

Pour notre premier après-midi, nous partons à la découverte des Moais, les célèbres statues pascales, et des Apus, les monuments qui les portent. Les Moais étaient des représentations d’ancêtres puissants, qui étaient sensés protéger les habitants de leur village grâce à leur mana. Les Apus, eux, étaient les sépultures de ces anciens. Nous nous promenons dans la seule ville de l’île, Hanga Roa, le reste de l’île étant principalement constituée d’un parc national. Ici, pas de Klaxons, mais quelques pick ups et scooters qui essayent d’éviter les chevaux sauvages et les troupeaux de vaches qui se promènent sur la route.

Les Moais sont impressionnants, par leur taille, leur silhouette. On se sent un peu hors du temps, tous les monuments sont entoures d’un calme et la sérénité du regard des statues a un effet un peu calmant après trois mois en Amérique du sud.

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Pres de Hanga Roa, il y a aussi le seul Moai avec des yeux (tous ont disparus, mais celui ci a été restaure), constitues de corail blanc.

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On passe aussi près du cimetière de l’île, avec une très belle vue sur la mer, et on regarde le coucher de soleil avant de rentrer au camping.

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Le lendemain, nous partons pour une randonnée à la découverte des sites archéologiques les plus proches de la ville. Il fait très chaud, peu d’arbres pour s’abriter. En effet, à l’origine, l’île comptait de nombreux arbres. Mais dans les années 1900, les Rapa Nui semblent avoir épuisé leurs ressources naturelles, ceci combine à la prolifération des rats apportés par les premiers arrivant polynésiens sur l’île. Bref, à part quelques eucalyptus plantés dans les dernières décennies, les terres ne comptent plus beaucoup d’arbres.

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Par contre, des Moais, ça, il y en a ! Apparemment, l’île en compte plus de 1000 ! Oui, mais voilà  : la plupart sont couchés et ont perdu un peu de leur splendeur passée. Quand les premiers explorateurs européens sont arrivés sur l’île, dans les années 1800, ils ont découvert plein de Moais debouts. Mais au fur et à mesure des années, les Moais tombaient et les Apus étaient détruits. Il semblerait que lors du déclin des ressources, les communautés de l’île soient sont fait la guerre et faisaient tomber les Moais pour que les villages perdent leur protection avant de les attaquer et de piller leurs ressources. Si bien que au début des années 1900, il ne restait plus aucun Moai debout ! Ceux que nous voyons là ont tous été redressés et restaurants par des archéologues.

La randonnée nous mène aussi à des grottes (des tunnels de lave en fait), qui étaient habitées ainsi qu’à des ruines de maisons bateau, de poulaillers qui constituaient les anciens villages.

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Lors de la visite d’un Apu, nous rencontrons deux Néerlandais qui font le tour du monde en bateau depuis plusieurs années. Nous avions repéré leur bateau mouillé au large de l’île. Leur prochaine traversée les mènera à pitcairns, puis en Polynésie et en Nouvelle Zélande pour l’hiver prochain. Pour l’instant, ils découvrent l’île avec Kathleen, qui les suivra vers Pitcairns.

Ils nous embarquent dans leur pick up, Cédric dans la benne, et nous allons visiter le prochain site en leur compagnie, la carrière des chapeaux rouges des Moais. Il s agit là encore de pierre volcanique, mais de couleur rouge !

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Ils nous avancent aussi ensuite vers la route, un autre Pick-up, de locaux cette fois, s’arrête de lui même pour nous avancer jusqu au village. Facile les randos en Île de pâques ! Bien rincés quand même, nous prenons notre courage à deux mains pour partir se baigner dans une crique du village, la plage de Rea. C’est une sorte de piscine d’eau de mer, protégée par des rochers. Très vite, on a le plaisir de voir une grosse tortue de mer arriver dans la crique, et nager avec les personnes qui sont là. Elle se laisse toucher et restera un bon moment dans le coin. Quelques jours après, au même endroits, deux tortues passeront le coucher de soleil avec nous et une petite fille du coin…

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Nous repasserons par l’apu prêt du cimetière pour admirer le coucher de soleil.

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Le jour suivant, nous louons un scooter pour pouvoir aller plus loin dans notre visite ! Apparemment, l’île serait débloquée pour les touristes (mais pas pour les taxis et guides chiliens ou étrangers, qui sont au chômage technique). Nous partons au petit matin pour admirer le lever de soleil. Mais surprise, le barrage n’est pas levé. Ne voyant personne bouger, nous décidons de passer sous la corde. Grossière erreur, un des gardiens sort en courant d’on ne sait où et est visiblement très en colère de notre « effraction ». Du coup, on fait demi tour et on décide de passer par la route du nord, où les gardiens sont bien plus sympas et nous laissent passer avec un grand sourire…

Nous arrivons au lever du soleil au plus grand site de moais, où 15 moais sont alignes.. L’apu est très long, et le soleil se lève lentement, derrière les nuages malheureusement.

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Nous traînons un peu sur le site, après que tous les lève-tôt soient repartis, et la pluie commence à tomber. La gardienne du site nous fait signe de nous abriter sous un grand arbre un peu plus loin. Après l’averse, nous allons discuter avec elle (Rapa Nui, elle a vécu plusieurs années en France avant de revenir), et elle nous explique les revendications des personnes qui bloquent l’île. De son côte, elle est garde volontaire du site pendant les blocages, car les gardes de la Conaf sont bloqués eux aussi.

Nous partons ensuite en scooter vers la carrière des moais, où quelques 300 statues sont restées la, terminées, prêtes à partir, enterrées jusqu’au coup, cassées, ou en cours de sculpture. Un des mystères de l’île est en effet de savoir pourquoi, du jour au lendemain, les Rapa Nui se sont arrêtés de sculpter des Moais ! A cote se trouve le cratère du volcan qui a généré tout le basalte des Moais, maintenant rempli d’un lac et servant de pâture à quelques-un des nombreux chevaux sauvages de l’île.

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Nous repartons ensuite par la route du sud, en nous arrêtant sur les sites qui jalonnent la route. Nous déjeunons au bord de l’eau, et repartons, mais la pluie nous rattrape, et il commence à faire froid sur le scooter.

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Nous repassons au camping prendre une veste avant de monter au dernier site. Il pleut des cordes, mais en arrivant en haut du volcan, nous sommes récompensés par un cratère superbe rempli par une zone marécageuse donnant sur la mer. Absolument magnifique !

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Au même endroit se situe le site d’Orongo, dit le site de l’homme-oiseau. Celui-ci était le point de départ d’une compétition qui avait lieu entre les différents villages de l’île. Les villages désignaient des représentants qui devaient descendre le volcan en courant jusqu’à la cote, puis nager un bon kilomètre vers un îlot. Une fois sur l’îlot, ils devaient se cacher et survivre sur celui-ci en attendant qu’un oiseau migrateur veuille bien venir pondre son œuf. Le premier représentant à attraper un œuf devait le fixer sur son front, retraverser le bras de mer et ramener celui-ci entier en haut du volcan faisait gagner son village. Apparemment, la compétition était acharnée, et il n’était pas rare qu’un concurrent vient taper sur le front de son adversaire pour y casser l’œuf !

La pluie continuant, nous redescendons vers le camping nous sécher un peu, et décidons de reprendre le scooter pour le lendemain.

Le jour suivant, nous repartons donc en scooter, à la découverte des sites du nord, et surtout des belles plages de l’île. Que dire de la plage d’Anakena, de sable blanc, bordée de cocotiers et de Moais ?

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Nous y resterons plusieurs heures, avant d’aller visiter des sites de pétroglyphes (des gravures faites sur les rochers), et de repartir se baigner sur une autre plage à cote, dans une belle crique et plus tranquille. Le soir, nous rencontrons Gilles et Maria, qui nous invitent à visionner le lendemain un documentaire qu’ils ont monté sur l’histoire de l’île dans les années 1960. C’est impressionnant de voir qu’à part les Moais, nous ne connaissons rien de ce bout de terre, alors que son histoire récente n’est pas très joyeuse. En effet, les Rapa Nui ont plus ou moins été parqués sur l’île pendant plusieurs dizaines d’années, sans aucun droit, sans être considérés comme des citoyens chiliens, et sans vraiment de ressources. Plusieurs d’entre eux sont partis en fuyant sur des bateaux vers la Polynésie, mais c’est finalement des tractations politiques qui aboutiront après plusieurs dizaines d’années. Gilles et Maria nous invitent aussi chez eux, à Tahiti, lors que nous y passeront !

Après cette journée plage, nous revenons vers le camping où nous rencontrons Sonia de Nouméa, avec qui nous passeront le dernier jour sur l’île.

Afin de ne pas rester sur un souvenir humide du site Orongo, nous partons en randonnée en direction du volcan. Le cratère est encore plus beau sous le soleil, et la visite du site est encore plus sympa !

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Il y fait une chaleur étouffante, alors en rentrant, nous partons nous baigner a Rea. Les tortues arrivent ainsi qu’une petit fille qui nous explique que ce sont plus ou moins ses copines :-). Nous sommes 4 dans l’eau avec cette tortue, et passons un super moment. La petite fille nous montre où chercher des algues pour les donner à manger à la tortue, et en fin de journée, une autre plus grosse passera furtivement.

Nous gardons le contact de Sonia pour passer la voir a Nouméa, et le lendemain, nous repartons vers Santiago pour une escale de 24h, avant de dire au revoir a l’Amerique du sud !

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3 réponses

  1. David Holmes dit :

    Magique, merci d’être aussi complets pour vraiment nous faire ressentir et comprendre le contexte de vos journées !

  2. Colette dit :

    J’aime cette île, l’histoire de la petite fille et de ses Cop’s les Tortues de mer,
    J’aime les fesses rouges de Cédric (Terre locale ?),
    j’aime le calme ressenti,
    J’aime les Pierres dressées, les Pierres couchées, les Pierres sculptées….
    Heu, je supporte le scooter pour aller plus loin, et même sous les cordes !
    et
    J’aime le combat d’un peuple installé , pour gérer eux-mêmes leur culture ,
    🙂

    Have a Good Trip ! 🙂

  3. ac dit :

    Fallait bien essayer la tenue traditionnelle locale 😉

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